Memphis Rox, une salle d’escalade pas comme les autres

Memphis Rox, une salle d’escalade pas comme les autres

Point de ralliement du film Black Ice, qui embarque toute une bande de jeunes grimpeurs afro-américains issus de milieux défavorisés dans un trip cascade de glace, Memphis Rox est une salle d’escalade pas comme les autres. Installée dans un quartier pauvre de Memphis, ses portes sont ouvertes à tous. Pas d’abonnement, pas de tarif fixe… Ici, on vient et on paye ce qu’on peut. On peut aussi donner de son temps, être « mentor » pour les jeunes ou donner un coup de main à la salle. Un fonctionnement peu banal… pour une « clientèle » qui ne l’est pas moins !

Memphis Rox

Au-delà des différences

La salle d’escalade Memphis Rox est définitivement peu commune. Elle propose en effet aux jeunes défavorisés des quartiers, un sport qui les « challenge » physiquement et mentalement. De quoi occuper son temps libre autrement qu’en traînant dans la rue ou en restant devant un écran. À Memphis Rox, on grimpe, on dépasse ses peurs, on teste ses limites, on se rassemble et on trouve sa place dans le tissu social au-delà des différences…

Black Ice - Memphis Rox

Une histoire hors du commun

L’histoire de la salle elle-même ne manque pas d’originalité. Elle a été ouverte en 2018 par Tom Shadyac, réalisateur de longs métrages ayant fait fortune à Hollywood avec plusieurs comédies, principalement avec l’acteur Jim Carrey, comme Ace Ventura, Professeur Foldingue, Menteur Menteur… En 2007, suite à un grave accident de VTT, il fait le point sur sa vie (et en fait un film documentaire : I AM), revend sa villa et son jet, et se met à enseigner à l’université de Memphis dont il est originaire.

Grimpeur, il s’est mis à l’escalade quelques années auparavant pour se changer les idées. En cherchant comment aider les quartiers sud de sa ville, fortement impactés par le chômage et la violence des gangs, il lui vient l’idée de créer une salle d’escalade. Il n’y en a pas à Memphis à l’époque et il n’y a pas la moindre prise en résine à moins de deux heures de voiture. L’idée est de créer une salle pour les habitants du quartier Soulville, population majoritairement noire, mais aussi d’attirer les grimpeurs des quartiers voisins – pour la plupart blancs.

Avant de se lancer, Tom fait quand-même un test : il convie 18 gamins du quartier à un voyage au Colorado pour essayer l’escalade sur rocher. Il leur demande si ça leur plaît et s’ils aimeraient pouvoir continuer à grimper, mais près de chez eux. La réponse est unanime : « oui ».

Tom Shadyac - Black Ice - Memphis Rox

Un lieu d’échange culturel et social

Tom a investi 1,85 millions de dollars dans ce projet, qui est une réussite. Gérée par une équipe de jeunes grimpeurs enthousiastes, la salle propose, comme n’importe quelle salle privée, de pratiquer l’escalade. Mais au-delà de l’aspect sportif, à travers sa mission culturelle et sociale, Memphis Rox permet de briser les barrières de classe et de race dans une des villes les plus pauvres des États-Unis affectée par le lourd héritage de la ségrégation.

Financièrement, l’équilibre est fragile. La salle, qui emploie des jeunes du quartier avec un salaire supérieur au salaire minimum, ne peut pas vivre des abonnements. Elle organise donc régulièrement des levées de fonds. Pendant la crise du coronavirus, Memphis Rox a activement joué son rôle humanitaire en organisant des distributions de repas.

 Memphis Rox

Une source d’inspiration

Aujourd’hui, la salle fonctionne comme en a rêvé Tom Shadyac : elle permet aux gamins du quartier de penser à ce qui est possible et à ne plus voir que le négatif. Tous les problèmes du quartier n’ont pas été résolus, mais c’est un début prometteur qui commence déjà à inspirer d’autres communautés. Et comme le dit Shadyac : « Je suis quelqu’un qui croit que si l’histoire ne se finit pas bien, c’est qu’elle n’est pas finie ».

Tom Shadyac - Black Ice - Memphis Rox

L’histoire de Malik et Demond, au cœur de Memphis Rox

🧗‍♂ Pour en savoir plus sur la salle Memphis Rox :

https://www.memphisrox.org

Facebook : @memphisroxclimbing

Pour voir le travail de Malik www.malikthamartian.com

« Black Ice », des grimpeurs comme les cascades de glace n’en ont jamais vus

« Black Ice », des grimpeurs comme les cascades de glace n’en ont jamais vus

Une bande de grimpeurs, qui se voient régulièrement à la salle, partent ensemble sur un trip cascade de glace. Rien d’extraordinaire ? Sauf quand cette salle, c’est Memphis Rox, un lieu communautaire dans une banlieue difficile de Memphis, que ces grimpeurs, ce sont pour la plupart des Afro-américains issus de milieux défavorisés avec des vies plus ou moins compliquées, et qu’aucun d’eux n’a jamais vu une cascade de glace…

Black Ice, c’est un trip dans la neige et le froid où chaque instant déborde d’une incroyable chaleur humaine. Après le film, on a qu’une envie : revoir cette fine équipe tellement attachante et savoir ce qu’elle devient…  Sara, directrice de la salle nous donne des nouvelles de chacun !

Black Ice - Memphis Rox

Comment va toute l’équipe qui s’est rendue au Montana ?

L’équipe de Rox va très bien ! J’ai du mal à croire qu’il s’est déjà écoulé plus d’un an depuis notre aventure en cascade de glace. Et du mal à croire aussi que le monde s’est mis à l’arrêt juste après notre retour de Bozeman.

Nos spectateurs ont été très touchés par l’histoire de S’lacio et voudraient avoir de ses nouvelles.

S’lacio continue à s’épanouir en tant que jeune adulte et passe le plus clair de son temps à Memphis Rox, pour grimper ou travailler. C’est le genre de jeune à rendre service chaque fois que l’occasion se présente. Si l’on a besoin d’aide pour transporter des cartons ou pour aider à l’organisation d’événements solidaires, on peut toujours compter sur lui. Il a une belle âme et nous sommes heureux de l’avoir dans notre communauté.

Black Ice - Memphis Rox

Et le reste de l’équipe ?

Aerial a été promue chef d’équipe, elle est impatiente de relancer notre activité Yoga.

Elisha fait un Master en sciences libraires à l’université du Tennessee Knoxville.

Chris a eu un petit garçon, qui est venu agrandir la famille en décembre, tout le monde va bien. Il a acheté une maison en février, il est très heureux d’être papa et propriétaire. Il continue de promouvoir la mission de Memphis Rox dans son rôle de directeur de l’action sociale.

Malik poursuit sa quête artistique et cinématographique tout en travaillant chez Memphis Rox. Ses œuvres sont exposées en ce moment au musée d’art local, le Brooks Museum.

Ken travaille à temps plein pour la société Nike et consacre ses week-ends à Memphis Rox en tant que chef d’équipe.

Tye est toujours ouvreur et essaye de passer des certifications plus élevées. Il voyage avec The North Face pour des shooting photos.

Josh continue d’ouvrir à la salle des voies de niveau mondial et crée des meubles uniques dans notre atelier communautaire.

Quel impact le film a eu sur leurs vies ?

Grâce à Black Ice, les grimpeurs reçoivent beaucoup de témoignages de sympathie et d’encouragements via les réseaux sociaux. Ils sont très reconnaissants pour les messages reçus du monde entier. Grâce à leurs rôles, Chris, Malik et S’lacio sont passés dans des émissions de télé, telles que CBS This Morning, ESPN et d’autres…

Est-ce qu’ils ont la possibilité de grimper souvent en extérieur ? Est-ce que certains auraient envie de repartir sur un trip cascade de glace ?

Oui et oui ! Nos ouvreurs Josh et Tye grimpent en extérieur, chaque fois qu’ils peuvent. La topographie de Memphis ne s’y prête pas, mais ils trouvent des spots à deux ou trois heures d’ici. Pour ce qui est de refaire de la cascade de glace, carrément ! Il faut juste qu’ils « s’échauffent » à l’idée encore un peu. Proposez-leur en plein mois d’août, au plus fort de la chaleur et, à mon avis, ils seront partants !

Malik & Conrad Anker - Black Ice

Est-ce qu’il y a des choses que l’on ne voit pas dans le film qu’ils voudraient partager ?

Ce dont ils parlent le plus évoque l’amitié et les liens créés autour des expériences partagées comme l’escalade de glace, dormir dans le froid, ou simplement les bons moments passés ensemble. Chris raconte que Ken, Brent et lui ont eu un soir une conversation autour du feu de camp, jusqu’à 2 heures du matin, par -15°.

Avez-vous un message pour le public français ?

On adorerait accueillir des gens de France à Memphis Rox ! Si vos lecteurs ou spectateurs passent chez nous, qu’ils se présentent, on se fera un plaisir de leur montrer Memphis Rox !

Verra-t-on un « Black Ice 2 » ?

Il ne faut jamais dire jamais !

Black Ice - Memphis Rox

🧗‍♂ Pour en savoir plus sur la salle « Memphis Rox » :

https://www.memphisrox.org

📸 Pour voir le travail de Malik :

https://www.malikthamartian.com

 

Rebloch’Team Express : un relais déjanté de 150 km à travers la Yaute

Rebloch’Team Express : un relais déjanté de 150 km à travers la Yaute

Cet été, nos amis de Snowleader, LA référence en ligne pour s’équiper en montagne, ont envoyé leurs ambassadeurs pour une mission très spéciale à travers la Yaute (= la Haute-Savoie) … Leur objectif ? Livrer un rebloch’ en express du shop d’Annecy à la boutique de Chamonix ! Pour réaliser ce défi sportif à travers le pays du reblochon ? Pas moins de 30 ambassadeurs, 24 étapes et 11 sports différents ! Un relais déjanté de 150 km à découvrir dans un film inédit !

LE FILM

Comment est-né ce film ? 

L’idée est née lors du premier confinement, celui où nous pouvions seulement sortir dans un périmètre d’1 km. Aurélien Colin, le réalisateur du film et fondateur d’Outdoor Perspectives, avait envie d’aller en montagne et réfléchissait à des tracés en itinérance, mêlant différentes activités. Il nous a présenté son idée et son parcours (très ambitieux) entre la boutique d’Annecy et celle de Chamonix, tout ça, en passant par le Mont Blanc ! Un parcours porteur de sens reliant nos deux boutiques Snowleader !

Qu’est-ce que la Rebloch’Team Express ? 

Cet été, Snowleader s’est lancé le défi de réaliser un film sur les ambassadeurs de la marque au pays du reblochon. Au programme : du trail, de l’escalade, du parapente, du paddle, du VTT et bien plus encore… L’objectif de cette mission très spéciale : livrer un rebloch’ en express à la boutique de Chamonix !

Rebloch’Team Express - Snowleader

Pourquoi livrer un reblochon en express ?! 

Snowleader et le reblochon, c’est une grande histoire d’amour ! Dès 150€ d’achat sur le site ou en boutique, un reblochon fermier est offert ! Suite à une rupture de stock de reblochon à la boutique de Chamonix, nous sommes passés par un mode de livraison ultra rapide : La Rebloch’Team Express ! Pas moins de 30 ambassadeurs, 24 étapes et 11 sports différents pour réaliser ce défi entre Annecy et Chamonix sur un parcours de plus de 150 km ! En passant par les plus beaux spots de Haute-Savoie tels que le lac d’Annecy, la Tournette, le plateau des Glières, la Pointe Percée, Megève, le Mont Joly, le massif du Mont- Blanc et ou encore celui des Aiguilles Rouges, les images que l’on vous propose dans ce film confirment bien que la Haute-Savoie est la plus belle région du monde !

Au-delà des chiffres, cette itinérance multi-sports a surtout permis à nos athlètes de vivre un véritable moment de cohésion pour nombre d’entre eux qui ne s’étaient encore jamais rencontrés en montagne. Au final, ce service de livraison « express », que vous pouvez découvrir dès maintenant, a été un beau prétexte pour combiner une passion commune de la montagne, un vrai engagement sportif (sur un parcours qui ne l’était pas moins) et de la bonne humeur à toute heure, dans cette initiative où chaque relayeur avait sa part de responsabilité pour que le projet aboutisse.

Sur combien de jours s’est déroulé le tournage ? En « presque » temps réel ? Ou vous avez dû retourner des scènes ?

Une grosse organisation en amont, pour pouvoir mener à bien ce projet, avec 3 jours de tournage intensif ! Les nuits qui ont précédé ce projet ont été très courtes ! Malgré l’acharnement à imaginer différents scénarios de parcours, le passage en haute altitude n’a pas été possible pour cause de météo et il a fallu oublier l’alpinisme et le ski. C’est là que le plan B, puis le plan C, se sont révélés utiles ! La difficulté du projet résidait dans le fait de créer un parcours sur-mesure pour les athlètes présents à ces dates. Si l’on avait eu que des grimpeurs, le parcours aurait été différent. Là, nous avons réussi à enchaîner plein d’activités différentes, mais on s’est un peu arraché les cheveux jusqu’au dernier moment pour tout prévoir. Finalement, à part un petit aléa de cheville, tout s’est bien passé et on en ramené de (très) belles images.

Qu’est-ce que la Rebloch’Team ? 

La Rebloch’Team, c’est la team d’ambassadeurs Snowleader : une vingtaine de sportifs passionnés et experts dans leur sport de prédilection ! Entre trail, ski, escalade, vélo… Ces athlètes représentent à eux seuls l’outdoor en général et nous racontent leur passion pour la montagne de la plus belle des manières, à travers des histoires authentiques et des images qui font rêver. Le point commun entre tous ces sportifs ? C’est bien entendu leur amour pour la Yaute et le reblochon, mais également leur état d’esprit, leur créativité et leur implication ! Ils viennent de sports différents, mais tous sont pratiquants confirmés, quel que soit leur âge !

Comment sélectionnez-vous ces ambassadeurs ? Quels sont les sports/disciplines que vous aimeriez ajouter à la team ?

Pourquoi les avoir choisis eux ? Bien évidemment car ils aiment le reblochon, mais aussi car ils sont proches de Snowleader, créatifs, impliqués et prêts à nous faire partager leur passion pour la montagne. Toujours prêts à s’occuper de notre Zoé, ils ont aussi un esprit jeune et décalé et une pointe d’humour qu’on adore à la Reblochon Company ! Ils nous font rêver à travers les photos et vidéos de leurs sorties. Experts dans leur domaine, ils testent les produits et vous conseillent sur leurs coups de cœur. Et parce qu’ils adhèrent à l’esprit Snowleader, ils seront présents sur un maximum de nos évènements !

Pourquoi si peu de filles ? Comment ça pourrait-il changer ? Est-ce que vous avez pour but de faire du 50/50 ?

Parce que les filles aiment moins le reblochon que les garçons ?! 😉

C’est un véritable objectif : nous souhaitons intégrer plus de femmes dans cette team d’ambassadeurs. Nous y travaillons et c’est une réelle volonté !

Rebloch’Team Express - Snowleader

🎬 Le film en quelques chiffres :

3 jours de tournage  –  4 parcours envisagés  –  7 sommets  –  8 membres du Rebloch’Staff

11 sports différents  –  24 étapes  –  30 ambassadeurs  –  150 km  –  11 120 m de D+

👉 Plus d’infos : https://www.snowleader.com   

🙋‍♀️🙋‍♂️Ze Rebloch’Team https://www.snowleader.com/rebloch-team

Photos © @outdoor perspective @peigneeverticale @snowleader74

Allez, viens, je t’emmène… au Népal !

Allez, viens, je t’emmène… au Népal !

Manon et Olivier Fichou (Himaly Productions) forment un couple d’alpinistes passionnés, qui va, avant tout, en montagne pour se faire plaisir. Chez eux, pas de surenchère côté risque ni de performance démesurée, l’heure est à la découverte et à l’échange. Embarquement immédiat pour le Népal, avec leur film Viens, je t’emmène. En ligne de mire, l’ascension en style alpin du Baruntse (7 129 m) et du Mera Peak (6 476 m).

La montagne, une invitation à vivre le moment présent

Olivier et Manon se sont rencontrés il y a 10 ans, alors qu’ils faisaient de l’escalade ensemble au gymnase de leur lycée. Depuis, ils ne se sont plus quittés. Aujourd’hui, Manon est infirmière et Olivier est ingénieur. La montagne pour ces deux alpinistes amateurs ? Un réel mode de vie. « Nous n’allons pas en montagne pour simplement profiter du grand air et des paysages. Nous y allons parce que nous y sommes bien. Nous éliminons le superflu et nous nous retrouvons seuls. Nous ne comptons plus que sur nous-mêmes. C’est un espace de grande simplicité, un environnement dans lequel nous nous consacrons pleinement au moment présent, dans lequel nos décisions ont un impact direct sur le cours des choses ».

Olivier Fichou a commencé à faire des films lors de sa première expédition avec Manon en Norvège. Le couple gagne alors des bourses d’expéditions et souhaite ramener des images. L’association Himaly Productions naît ainsi en 2016. Pour faire le lien entre les projets montagne et l’image (photographie/vidéo). Ensemble, le couple découvre la Norvège, l’Islande ou la Géorgie. Part grimper en Corse, en Espagne. Et s’en va donc plus récemment découvrir le Népal, endroit rêvé pour qui souhaite prendre de la hauteur et toucher les sommets.

 

Olivier Fichou / Himaly Productions - Osprey

Le Népal, une première hors du temps

Manon le dit volontiers : « Le Népal, c’est un voyage inoubliable, aussi magnifique que difficile. Un mois hors du temps, à vivre au jour le jour. Chaque pas que nous avons fait en Himalaya, à ne pouvoir compter que sur nous-mêmes, était un pas de plus pour relever ensemble les défis futurs de notre vie ». Même s’il lui a fallu plusieurs mois de récupération après ce périple, Manon glisse dans un sourire qu’en se couchant par -20°C à 6200 m dans son duvet, elle rêvait d’un canapé et d’un bon repas chaud… Maintenant, sur son canapé, elle ne rêve que d’une chose : être là-bas !

Olivier, lui, est heureux. Mais il se rend aussi compte de la difficulté de cette expédition. Aujourd’hui, avec du recul, même s’il est « très fier d’avoir réalisé ce rêve en couple », il ne se permettrait peut-être pas de retourner dans cette aventure avec un tel niveau d’engagement, avec Manon.

Vers le Baruntse - Olivier Fichou / Himaly Productions

Sans porteur ni sherpa

C’est que plus de 20 jours de trekking et d’alpinisme, dont la plupart en totale autonomie, ça se prépare ! Malgré tous leurs efforts, Olivier et Manon ont dû porter des sacs de plus de 25 kg au-dessus 5 500 m… Afin, en somme, de passer de la moiteur de la jungle à l’ascension d’un 7 000 m en style alpin, seuls, sans porteur ni sherpa. Corde, bottes d’altitude, duvets grand froid, grosses doudounes, pieux à neige, crampons, piolet, baudrier, mousquetons, poulies, … croisent le fer avec le matériel électronique photo/vidéo, les panneaux solaires et le téléphone satellite. Sans oublier tout le matos de bivouac et beaucoup de nourriture (« jamais assez ! » entonne Olivier) : « des barres le midi, des lyophilisés le soir, et… un saucisson par semaine pour le petit plaisir ! » Une expédition rendue possible grâce au soutien de leurs sponsors Lowa et Osprey.

L’aventure est éprouvante, mais la récompense est là : les paysages au cœur des sommets himalayens sont grandioses. Entre ice-flûtes et passages de cols saisissants, l’immensité est à portée de piolet. Manon garde un souvenir ému « du passage du col Amphu Lapsa (5 800 m), pour la beauté des lieux mais aussi pour ce que ce col représente : le passage vers la vallée du Khumbu, la dernière difficulté avant d’enlever définitivement les crampons. La fin d’une aventure dans l’aventure ».

Pour Olivier, l’endroit qui l’a le plus marqué et impressionné, « c’est le camp de base du Baruntse à 5 400 m. Nous y étions seuls. Une tente unique posée dans un camp de base désert, devant les presque 2 000 m de paroi de notre objectif. À ce moment-là, nous sommes loin de tout. Si nous voulons croiser quelqu’un, nous avons le choix : soit franchir un col à 5 800 m et rejoindre la vallée du Khumbu en 3 jours, soit retourner sur nos pas et franchir un col à 5 500 m pour retrouver la jungle après 4 jours ».

Buter sinon rien ?

Mais en montagne, la réussite n’est pas toujours au rendez-vous. Prendre un but, oui ! Se prendre trop au sérieux, non ! Tel pourrait être le leitmotiv d’Olivier et Manon, qui vont en montagne pour se faire plaisir avant toute chose. « J’ai l’impression que la montagne devient de plus en plus un terrain de compétition, je trouve ça dommage. Les films de montagne mettent en avant cet environnement comme celui de tous les dangers, réservé à des athlètes surentraînés et un peu timbrés, toujours en quête de faire plus, ou mieux que l’autre, de faire l’ascension la plus difficile, la plus dangereuse, la plus risquée », lance Olivier. « Se confronter à des risques et savoir les gérer fait partie de la satisfaction que peut apporter la haute montagne. Mais de plus en plus de films présentent ce facteur risque comme une ligne directrice. Prendre des risques semble être le but de la pratique. Pas pour moi. Le risque peut rentrer dans l’équation de notre satisfaction mais il doit rester un moyen. Un moyen d’apprécier sa capacité à le minimiser et à le maîtriser », renchérit-il.  Bien dit.

Le matériel sur l’expé

Chaussures Olivier : Expedition 6000 Evo RD

Chaussures Manon : Alpine SL GTX

Sacs Osprey : Mutant 38 et Ariel 65

 

🎥 Pour suivre les réalisations d’Himaly Productions :

www.himalyproductions.com

🎬 Deux autres films signés Himaly Productions :

Caucase – Géorgie (2021) : youtu.be/850hBX2sJzo

Polar Lines – Svalbard (2018) : youtu.be/eWYzpVad4rA

Mélissa Le Nevé : Première femme à grimper « Action Directe » (9a)

Mélissa Le Nevé : Première femme à grimper « Action Directe » (9a)

Mythique ! Monumentale ! Extraordinaire ! En mai dernier, la performance de Mélissa Le Nevé, s’est répandue dans les médias du monde entier : la grimpeuse française a coché la première ascension féminine d’« Action Directe » (9 a), la voie d’escalade sportive la plus célèbre de la planète, joyau mythique du Frankenjura. Le fruit d’un travail de six ans, jalonné de doutes et de remises en question, à découvrir dans le film documentaire « Action Directe », programmé sur la quinzième édition du festival Reel Rock en France.

 

Passion grimpe

Originaire de Cestas, en Gironde, Mélissa Le Nevé découvre l’escalade à l’âge de 15 ans. C’est « le coup de foudre ». Elle aime à la dévorer sous toutes ses formes : bloc, falaise, voies en naturel ou en salle, grandes voies, … La jeune femme brille dans tous les domaines. Basée à Bordeaux, « un plat pays », la grimpeuse se lance dans la compétition pour pouvoir « plus facilement » assouvir sa passion. Elle devient rapidement professionnelle et affiche, en quelques années, un palmarès impressionnant : entre autres, deux titres de championne de France de bloc et une troisième place au classement général de la Coupe du Monde de bloc. Son indécrochable sourire est loin de passer inaperçu sur le circuit mondial.

Portrait Mélissa Le Nevé

Des podiums aux grandes voies

Pourtant, la grimpeuse de l’Équipe de France créé la surprise en mettant un terme à sa carrière en compétition fin 2016, après 9 ans de compétions internationales, plusieurs blessures en cascade et beaucoup de stress. Avec une irrépressible envie de dépasser ses limites, de vivre sa passion pleinement, tout en partant à la découverte d’autres cultures… Une décision qui ouvre une nouvelle page dans sa vie comme une nouvelle source de motivation, plus en harmonie avec sa personnalité. Sur le circuit, Mélissa s’est liée d’amitié avec l’une de ses rivales, la grimpeuse britannique Shauna Coxsey. En 2019, elles partent ensemble pour un road trip au cœur du désert américain à la découverte de spots de grimpe emblématiques. Voyager sans la pression du circuit. Juste le vent sur ses épaules.

Mélissa dans "Action Directe"

Une pluie de premières

En quelques années, Mélissa Le Nevé croque le monde. En 2014, elle coche le premier 8c mondial avec « Wallstreet » (Frankenjura). En 2015, elle devient la première femme au monde à réussir le légendaire quinté « Big 5 » de Fontainebleau : 3 blocs de 7c, un 7c+ et un 8a pour finir. En 2016, quand elle fait le choix de quitter la compèt’, elle s’est déjà offert trois 8c+. Bref, Mélissa aime les « challenges ». Alors, elle enchaîne les projets, s’enthousiaste pour de nouveaux défis, trouve dans « l’escalade, une école de vie » et surtout un moyen d’accomplir ses plus grands rêves.

Parmi eux, des voies légendaires comme « Bionic Commando » 8c+ dans le Frankenjura, « Golden Ticket », 8c+ à Red River Gorge dans le Kentucky ou encore « Mister Hyde » 8c+ à Ceüse. Et surtout, « Action Directe », le premier 9a de l’histoire libéré par l’Allemand Wolfgang Güllich en 1991. C’est LA voie d’escalade sportive la plus connue au monde, LA voie de référence, notamment pour son jeté sur bidoigt absolument mythique, placé en amuse-bouche. S’enchaînent ensuite une dizaine de mouvements, plus difficiles les uns que les autres, qui vont la faire rentrer dans l’Histoire.

Mélissa dans "Action Directe" - copy. Fabi Buhl

« Action Directe » (9a), une quête personnelle

Nous sommes le 21 mai 2020. Le milieu de la grimpe est en ébullition : Mélissa vient de clipper le relais d’« Action Directe » ! Elle est la première femme à enchaîner ce 9a mythique. Un moment historique. Mélissa a réussi son incroyable challenge, un long combat contre soi-même qui vient de l’occuper plusieurs périodes étalées sur six ans de sa vie (la voie ne peut se faire qu’au printemps ou à l’automne… quand il ne pleut pas !) et l’a confrontée à des mouvements que beaucoup pensaient impossibles pour une femme, ou l’a mise en proie à des doutes personnels et des remises en question.

L’annonce est faite via une publication sur son compte Instagram dont l’on devine toute la joie et l’émotion : « Quel voyage… Quelle personne inspirante… Quel combat… mais aussi une véritable histoire d’amour…. Tout ce que je recherche en escalade. J’espérais que ce moment arrive depuis des lustres. Jamais, je n’aurais imaginé à quel point il serait émouvant de clipper la chaîne. J’ai adoré tout le process’, résoudre cette énigme, comprendre ces mouvements et ce jeté. Cela représente des années d’engagement, des hauts et des bas, de l’espoir et de nombreux doutes […] ».

Mélissa dans "Action Directe"

Des rêves plein la tête

Pour autant, Mélissa l’affirme, les yeux sans doute déjà rivés sur un autre rêve (Biographie, 9a+, à Ceüse, peut-être ?) : boucler la première d’« Action Directe » c’était comme « la fin d’une histoire d’amour », elle était « toute tremblante, presque nostalgique » car elle savait qu’elle allait devoir tourner la page… Mais ce n’est « pas du tout un aboutissement » ! L’ex-membre de l’Équipe de France d’escalade n’est pas encore arrivée au bout de ses capacités, loin de là. Mélissa Le Nevé a encore des rêves plein la tête et des voies extrêmes à cocher… Qu’on se le dise !

Running the Roof : Un challenge devant et derrière la caméra !

Running the Roof : Un challenge devant et derrière la caméra !

On vous rappelle le pitch du film-documentaire Running the Roof, Prix du Public au Festival de Banff 2020 ? Après une soirée bien arrosée, trois amis font le pari fou d’aller courir là où le hasard décidera : ils font tourner un globe et posent le doigt sur… le Tadjikistan ! Une aventure de 400 km en 7 jours – plus d’un marathon par jour pendant une semaine ! – dans l’un des endroits les plus reculés au monde. La co-réalisatrice, Alexis Tymon, revient sur ce tournage extraordinaire, un challenge à la fois physique, technique et logistique.

 

Alexis Tymon, réalisatrice tout-terrain

Ce qu’adore par-dessus tout la réalisatrice britannique Alexis Tymon ? « Les caméras, les histoires et être en plein air » ! Après avoir fait des études de français et vécu brièvement à Bordeaux, Alexis se fait engager comme réalisatrice pour des spots télévisés avant de réaliser ses propres films sur son temps libre. En 2018, elle monte sa société de production avec Ben Crocker, que l’on retrouve sur le film Running the Roof en tant que co-réalisateur. Rencontre !

Alexis - Running the Roof - by Ben Crocker

Salut Alexis ! Dis, pourquoi avoir accepté le projet fou de Running the Roof ?

Pour le Tadjikistan, pour l’aventure ! L’idée de passer un mois dans une zone totalement hors-réseau, c’était aussi vraiment séduisant. C’est un environnement difficile pour un cinéaste : la chaleur, le froid, la poussière, l’altitude… Enfin, pour l’appel de la nouveauté ! Ne pas savoir ce qui va se passer, ça a quelque chose de magique.

Ce film est votre premier documentaire, en co-réalisation avec Ben Crocker. Comment avez-vous fonctionné ?

Tout le monde dit que nous sommes les deux moitiés d’un même cerveau. Nous formons une bonne équipe et travaillons en parfaite harmonie. Au Tadjikistan, nous avons essayé de partager toutes les tâches. Nous avions une caméra principale, une Body-cam avec un stabilisateur et un drone. Nous nous sommes relayés pour tourner les scènes, rattraper les coureurs, les interviewer, etc.

Alexis & Ben - Running the Roof - by Alex Mundt

Filmer dans ces paysages, cela semble une vraie prouesse physique & technique…

L’un de nos principaux soucis avant de partir, c’était la sécurité. Vous entendez beaucoup de mauvaises choses dans les médias à propos de cette région du Tadjikistan… Il y avait, à ce moment-là, une activité talibane près de la frontière où nous étions. Mais en fait, le danger est très localisé. Dans les villages, à quelques centaines de kilomètres, vous ne rencontrez rien d’autre que le calme dans un cadre rural. La vie de ces gens-là est d’ailleurs incroyable. Ces villages (dotés d’une seule route et d’un approvisionnement en électricité à la fin des années 90), sont tellement isolés que le mode de vie est très simple, très rude physiquement. Mais c’est super safe pour les touristes ! Et les habitants sont très sympa. Dans chaque village, nous avons toujours trouvé une famille qui nous laissait dormir chez eux. Pour les dernières nuits, nous campions sur le plateau. Il faisait -10/-15°, les chauffeurs n’avaient jamais été là-haut ni n’avaient même jamais campé… Un véritable choc pour eux !

Le tournage était un vrai défi technique. Chargement des batteries, sauvegarde des données, nettoyage des lentilles… Tout simplement rester vigilant pendant tant de jours alors que vous filmez toute la journée… C’était fatiguant pour nous – et les coureurs étaient encore plus fatigués ! – Communiquer avec les chauffeurs aussi, c’était assez drôle ! Ils ne parlaient pas anglais, Ben et moi ne parlons pas le tadjik… C’est incroyable comment vous pouvez communiquer avec vos mains ou avec des mots que tout le monde comprend : « go ! », « stop ! » Nous avons passé de si bons moments tous ensemble ! Ce genre de voyages, ça vous unit vraiment comme une petite famille.

Une journée-type ?

Nous voulions vraiment laisser les coureurs Jodie, JB et Gabe, faire le job et ne pas contrôler leur course pour le simple plaisir de filmer. C’était super important pour nous, comme principe, sur le tournage. Mais c’était aussi difficile de les suivre tous les trois ! Au deuxième ou troisième jour, ils couraient déjà à des rythmes différents. Mais tout a été fait pour qu’ils soient le plus autonomes possible. Chacun avait ainsi sa propre nourriture et des réserves d’eau pour 25 km environ. Jodie, JB et Gabe commençaient à courir dès 7 heures du matin, avant qu’il ne fasse trop chaud, jusqu’à 15 heures environ.

Running the Roof

Ton meilleur souvenir ?

La nuit où nous avons franchi le col de Kök Jar, un sentier de montagne étroit qui nous a emmenés sur le haut plateau du Pamir, c’était notre première nuit de camping. La voie lactée était incroyable. Nous avons monté les tentes et sommes restés ensemble, en regardant le soleil se coucher. L’un des coureurs a commencé à pleurer. Nous nous sommes alors rassemblés et avons fait un gros câlin en nous prenant dans les bras, tout en réalisant à quel point c’était un moment incroyable. Nous étions là, après tout ce chemin dans les montagnes du Tadjikistan. Notre rêve était en train de se réaliser. C’était vraiment magnifique.

Et le pire ?

Personnellement, la difficulté de maintenir la santé de chacun ! Surtout de l’équipe (réduite !) de tournage : nous n’étions que deux, Ben, mon co-réalisateur et moi. Ben avait de très graves migraines presque tous les jours. Le deuxième soir, il était vraiment malade et il a dû se coucher dès notre arrivée dans le village autour de 16h. J’ai donc commencé à nettoyer, charger, préparer les caméras, interviewer les coureurs… J’ai alors réalisé que ça allait être vraiment difficile de faire tout ça moi-même tous les jours, si son état ne s’améliorait pas… Mais, heureusement, Ben est allé mieux.

D’ailleurs, dans l’équipe, on m’a rapidement donné le surnom de « mère poule » et de « cuirassé britannique », car j’étais la seule à ne pas lutter contre la maladie ou l’altitude. J’ai cuisiné tous les repas et soigné tout le monde ! Hahaha… [Rires]. Mais du coup, j’avais une énorme responsabilité sur les épaules. Quand je suis rentrée à la maison, il a fallu un mois environ à mon cerveau pour vraiment se détendre et revenir à la normale…

 

Aujourd’hui, où en êtes-vous ?

Jodie vit à Cornwall, dans le sud-ouest de l’Angleterre, où il y a des sentiers incroyables.

JB est retourné sur les bancs de la fac pour faire une maîtrise en biodiversité et conservation à l’Université d’Oxford.

Gabe a passé un an à voyager en camion à travers le Canada. Maintenant, il a déménagé à Bogota, en Colombie, pour essayer de créer une communauté de course, là-bas.

Ben & moi sommes heureux ! Nous nous occupons de Sourcy, notre société de production à Londres et travaillons sur d’autres projets, des films commerciaux et des documentaires.

D’autres projets, tous ensemble ?

Oui ! Nous sommes tous potes, maintenant. Nous prévoyons d’aller ensemble au Pays de Galles sur un festival de trail/running, en juillet prochain, pour passer un week-end en camping ! [Rires] 

Votre film est habité par une certaine urgence de vivre, une soif de liberté. Quelles conséquences, cette aventure a eu sur vos vies personnelles ?

Avec cette histoire, je voulais vraiment montrer que vous n’avez pas besoin d’être un athlète professionnel ou d’avoir couru des ultra-marathons toute votre vie pour réaliser un défi et sortir de votre zone de confort. C’est justement en sortant de sa zone de confort que la magie opère.

Je suis très fière de ce documentaire, le premier que je réalise. Pendant le premier lockdown (COVID-19), j’ai passé 4/5 mois complètement « focus » sur le montage. J’ai alors réalisé que je pouvais faire quelque chose dont je serais fière ensuite : raconter une belle histoire qui pouvait changer le regard que l’on a sur une personne, une culture ou même un pays…

Votre prochain film ?

Je travaille sur un nouveau documentaire, l’histoire d’une Britannique « ordinaire » qui traverse la Manche à la nage, avec un cancer de stade 4. Cette femme est incroyable. Je suis vraiment attirée par ce genre d’histoires : des personnes qui font des choses avec leur corps et leur esprit pour sortir de leur zone de confort. Oui, ce sont ces histoires que je veux raconter.

Alexis - Running the Roof - by Sourcy Film

🎥 Pour suivre les réalisations d’Alexis Tymon & Ben Crocker :

https://sourcyfilm.com

🏃‍♀ Pour en savoir plus sur le film Running the Roof :

https://www.runningtheroof.com

🎬 Retrouvez le film Running the Roof dans le programme rouge du meilleur du Festival de Banff sur Bonne Projection jusqu’au 18 avril 2021

JB, Jodie, Gabe - Running the Roof - by Alex Mundt