Daniel Schetter a 40 ans, vit dans un mobil home, cultive du cannabis thérapeutique, aime se balader avec ses deux chiens et surfe environ 150 jours par an sur le lac Supérieur, été comme hiver. Le film « Surfer Dan » nous présente son univers. On a cherché à en savoir plus sur ce personnage atypique et attachant.

Comment tout a commencé ?

Je suis né à Marquet dans le Michigan, où j’habite maintenant. Mon père était ouvrier dans la métallurgie. Petit, je jouais beaucoup dehors, je faisais de la luge, je pêchais. Avec les copains, on s’accrochait aux parechocs des voitures pour se faire trainer derrière en glissant. Parfois on se les gelait dehors, mais on s’amusait tellement. Je n’aimais pas être enfermé à l’intérieur, même quand il faisait moche.

Quand mes parents ont divorcé, ça n’a pas été facile, beaucoup d’instabilité, du coup je suis parti vivre chez ma tante au Japon. Elle travaillait sur une base militaire. Je rentrais passer l’été chez ma mère dans le Michigan. Un été, on a fait escale à Hawaï. J’ai pris ma première vague là-bas. J’ai tout de suite été accro. Puis j’ai découvert qu’il était possible de surfer sur le lac Supérieur et j’ai continué à surfer de retour au Japon.

Tu as fait des études ?

Oui, mais ça ne m’a pas réussi… Du coup j’ai fait plein de petits boulots et je suis devenu agriculteur, je fais pousser ma nourriture et mes herbes médicinales. J’ai été le premier agriculteur légal de marijuana à usage médical dans le Michigan.

 Qu’est-ce qu’on ressent quand on est là, dans le lac, en plein froid, à attendre une vague ?

Quand une vague arrive, je stresse. Je sais que je dois me placer au bon endroit pour l’attraper. Et là quand je nage et que je décolle, j’adore regarder la vague se former, décider dans quel sens elle me lance et où elle va m’engloutir. C’est difficile ici de prendre un rouleau et d’arriver à en ressortir. Le truc que je veux absolument, c’est une photo de moi sortant du tube avec ma barbe couverte de glace ! C’est ce qui me motive, c’est mon but !