Hunza : Freeride initiatique au Pakistan

Hunza : Freeride initiatique au Pakistan

Quand trois potes d’enfance, tous passionnés de montagne et originaires de Chamonix, partent ensemble à l’aventure au fin fond de la vallée des Hunza, aux confins du Pakistan, cela donne d’incroyables lignes de freeride dans un décor XXL bien sûr, mais aussi un voyage humain riche et vibrant au cœur d’une culture oubliée… Sam Favret nous parle du rêve derrière cette expé. 

Vous annoncez la couleur dès les premières séquences : votre idée était de faire un film qui « échappe aux clichés »…Lesquels ?

Ce qu’on entendait par « casser les clichés », c’était l’idée de casser notre routine, de partir à l’aventure dans un lieu qui n’est pas commun. Disons qu’il y a moins de skieurs au Pakistan qu’au Canada ou au Japon ! On voulait sortir de notre zone de confort et nous confronter à l’inconnu. On ne peut pas dire que ce soit encore vraiment le cas dans le massif du Mont-Blanc…

Avez-vous ressenti vous-mêmes surplace « la force invisible » de cette vallée un peu magique ?

De toutes façons, on ne peut pas rester indifférent dans ce genre de voyage. Mais disons que oui, nous avons ressenti cette force dans la vallée des Hunza. Sans doute d’abord parce que l’endroit regorge de légendes et de mythes, et que les habitants eux-mêmes vénèrent ces montagnes sans trop s’y aventurer. Et également parce que la démesure des paysages à la fois chaotiques et magnifiques force le respect et l’admiration. Chamonix suscite déjà l’émerveillement. Hé bien dans la vallée des Hunza, tout est décuplé, plus grand, plus pur.

Avez-vous goûté l’eau au « secret de jouvence » ? A-t-elle vraiment quelque chose de spécial ?

Nous l’avons goûtée, et utilisée pour nous laver. Je ne pourrais pas dire si cette eau a eu des bien faits sur notre corps, mais en tous cas, elle descend directement des grands glaciers du Karakoram et n’est pas traitée. Son apparence est trouble, voire sale, et elle est remplie de minéraux. Des expériences ont été faites sur cette « dancing water » comme l’appellent les locaux. La longévité des habitants est peut-être due en partie à cette eau, mais sans doute aussi à leur hygiène de vie globale, meilleure que la nôtre sans aucun doute !

Le film donne l’impression que tout s’est super bien passé pendant cette expé. Il n’y a vraiment pas eu de problèmes ni d’imprévus ?

Le film est vraiment transparent et n’embellit pas l’histoire. Et tant mieux que tout se soit bien passé sur le terrain, car on sait l’ampleur que peuvent prendre les problèmes là-bas. Quand on est dans une région reculée et austère, et qu’on ne peut compter que sur soi, il faut redoubler de prudence car le moindre couac peut devenir un véritable enfer. L’équipe de tournage a notamment été choisie pour son expérience et la capacité de chacun à se rendre en montagne en terre inconnue !

Plus d’infos : @samfavret

Crédits photos Jeremy Bernard

The Ladakh Project : interview de Nouria Newman

The Ladakh Project : interview de Nouria Newman

Nouria Newman n’a plus grand-chose à prouver dans le domaine du kayak d’aventure. Elue trois fois meilleure kayakiste extrême de l’année, elle a également trois titres de championne du monde à son actif. Mais loin des rivières artificielles, Nouria aime aussi partir seule découvrir de nouveaux rapides sauvages. Comme les eaux des tumultueuses et dangereuses rivières de l’Himalaya indien. Cette aventure en solo est capturée dans le film The Ladakh Project dont Nouria nous dit quelques mots.

Quelle a été la genèse de cette expé et comment t’es venue cette idée d’aller descendre cette rivière-là ?

« J’étais allée en Inde pour une compétition au Malabar River Festival, et comme je n’aime pas voyager dans un pays seulement pour une compétition, j’avais planifié dans la foulée une expé avec des copains pagayeurs allemands. Le projet était d’ouvrir desrivières dans l’état de Kerala, mais ça a été hyper compliqué et au final on n’a pas réussi. On nous refusait tous les permis, les gens nous dénonçaient à la police, c’était une expérience désagréable.

Pourtant j’avais toujours entendu parler de l’Inde en bien, et là j’étais vraiment frustrée d’avoir visité principalement des commissariats. Je me suis dit que si je restais sur cette mauvaise impression, je ne remettrais jamais les pieds dans ce pays. Un copain indien, Shalab, m’avait parlé des rivières de « Ladakh Project », alors je me suis dit « rate ton avion, va faire ces trois rivières, et tu te feras une idée définitive par toi-même ».

Mon billet d’avion retour n’était ni échangeable ni remboursable, et comme je n’avais pas beaucoup d’économies, j’ai approché RedBull Inde pour leur proposer le projet en dernière minute, ils m’ont aidée pour le soutien logistique sur place, et…………. »

Surfer Dan

Surfer Dan

Daniel Schetter a 40 ans, vit dans un mobil home, cultive du cannabis thérapeutique, aime se balader avec ses deux chiens et surfe environ 150 jours par an sur le lac Supérieur, été comme hiver. Le film « Surfer Dan » nous présente son univers. On a cherché à en savoir plus sur ce personnage atypique et attachant.

Comment tout a commencé ?

Je suis né à Marquet dans le Michigan, où j’habite maintenant. Mon père était ouvrier dans la métallurgie. Petit, je jouais beaucoup dehors, je faisais de la luge, je pêchais. Avec les copains, on s’accrochait aux parechocs des voitures pour se faire trainer derrière en glissant. Parfois on se les gelait dehors, mais on s’amusait tellement. Je n’aimais pas être enfermé à l’intérieur, même quand il faisait moche.

Quand mes parents ont divorcé, ça n’a pas été facile, beaucoup d’instabilité, du coup je suis parti vivre chez ma tante au Japon. Elle travaillait sur une base militaire. Je rentrais passer l’été chez ma mère dans le Michigan. Un été, on a fait escale à Hawaï. J’ai pris ma première vague là-bas. J’ai tout de suite été accro. Puis j’ai découvert qu’il était possible de surfer sur le lac Supérieur et j’ai continué à surfer de retour au Japon.

Tu as fait des études ?

Oui, mais ça ne m’a pas réussi… Du coup j’ai fait plein de petits boulots et je suis devenu agriculteur, je fais pousser ma nourriture et mes herbes médicinales. J’ai été le premier agriculteur légal de marijuana à usage médical dans le Michigan.

 Qu’est-ce qu’on ressent quand on est là, dans le lac, en plein froid, à attendre une vague ?

Quand une vague arrive, je stresse. Je sais que je dois me placer au bon endroit pour l’attraper. Et là quand je nage et que je décolle, j’adore regarder la vague se former, décider dans quel sens elle me lance et où elle va m’engloutir. C’est difficile ici de prendre un rouleau et d’arriver à en ressortir. Le truc que je veux absolument, c’est une photo de moi sortant du tube avec ma barbe couverte de glace ! C’est ce qui me motive, c’est mon but !