A Foreign Native : Les Snowmads, des fous de neige et un camion

A Foreign Native : Les Snowmads, des fous de neige et un camion

On en aperçoit quelques-uns dans le film. Dans leur camion bariolé, ou sur le toit. Sur leurs skis, dans des couloirs de neige aux allures de bout du monde. Eux, ce sont les Snowmads, des « fous de neige », donc. Une bande de riders que Fabian Lentsch, skieur pro autrichien, a rassemblés autour d’un projet d’aventure, de gros ski et de voyage. Et d’un vieux camion.

Relier la passion du ski, du voyage et de la découverte

 

A Foreign Native © NINE ONE - Florian Breitenbergererger

Après quelques années de compétition, et sa participation au Freeride World Tour en 2015, Fabian a eu envie d’autre chose. Envie de relier la passion du ski, du voyage et de la découverte d’autres cultures. Ainsi germe l’idée des Snowmads.

Pour cette aventure, il leur faut un van. Un van avec un cahier des charges tel, qu’il n’existe pas. En 2015, avec l’aide de son vieux pote de freeride Markus Ascher, Fabi récupère un ancien camion de pompier. Huit mois plus tard, entièrement désossé, reconditionné, aménagé et décoré, il devient le van des Snowmads, un véhicule tout-terrain unique et capable d’embarquer huit skieurs au bout du monde.

 

A Foreign Native © NINE ONE - Florian Breitenberger
A Foreign Native © NINE ONE - Florian Breitenberger
A Foreign Native - Iran 2020 © NINE ONE - Florian Breitenbergererger
A Foreign Native © NINE ONE - Florian Breitenbergererger

Dès 2016, l’aventure peut commencer. À bord du camion bariolé qui deviendra vite emblématique, les Snowmads partent en quête de la meilleure peuf du monde et de lignes inconnues dans des trips lointains vers l’Iran, la Géorgie, l’Arménie, la Turquie ou la Grèce…

À travers leurs films (A Journey towards Eastern Suns en 2016, Sense of Home en 2019) soutenus par leur producteur et partenaire NINE&ONE, et leur communication sur les réseaux sociaux, ils partagent leurs aventures avec toujours en filigrane l’idée d’une manière plus lente et plus intense de voyager loin, hors des sentiers battus. En prenant le temps d’un road trip, le temps de l’immersion dans la culture locale et le temps des rencontres.

A Foreign Native © NINE ONE - Marco Freudenreich

C’est pour pousser encore plus loin ce concept, pour avoir encore plus de temps et ne pas repartir encore une fois trop vite, que Fabian a décidé de s’installer un an en Iran. A Foreign Native retrace ce chapitre un peu particulier de l’aventure du leader des Snowmads. Finalement rentré de son pays d’adoption, Fabi a retrouvé sa vraie maison. La seule où il se sente vraiment bien. Où il ne lui manque rien… Le van des Snowmads ! Stay tuned pour les prochaines aventures en poudreuse dans de nouvelles contrées inconnues…

Relier la passion du ski, du voyage et de la découverte

 

A Foreign Native © NINE ONE - Florian Breitenberger
A Foreign Native © NINE ONE - Florian Breitenberger
A Foreign Native © NINE ONE - Florian Breitenberger
© A Foreign Native

Skier en Iran, c’est comment ?

C’est pas une blague, avec 19 stations de ski réparties dans le pays.

C’est même une longue histoire, car les premières remontées mécaniques ont été installées dans la station Ab Ali en 1953.

C’est vaste, avec plus d’un tiers de la surface du pays couvert de montagnes et de dizaines de sommets à plus de 4 000 m. Autrement dit, un potentiel quasi infini pour le ski de randonnée.

C’est haut, comme à Tochal, une petite station accessible en télécabine depuis Téhéran, dont le domaine s’étend de 1900 m à… 3 850 m d’altitude ! Ou comme au sommet du mont Damavand, point culminant du pays (5 609 m) qui se fait à ski, au printemps.

C’est chaleureux, car les Iraniens sont très accueillants et animés d’une sincère gentillesse, et l’expérience est unique.

C’est dépaysant, parce que ce n’est pas que du ski, mais aussi la découverte de l’incroyable richesse historique et culturelle dont recèle la Perse.

C’est en hiver, avec d’abondantes chutes de neige, et le meilleur de la poudre entre janvier et mars, comme chez nous !

C’est pas très cher, avec un forfait journée à 25 euros et un café sur les pistes à moins d’un euro…

C’est l’aventure, car même si l’Iran est un pays organisé et moderne et que Téhéran dispose de plusieurs hôpitaux, les secours en montagne sont loin des standards européens en la matière, il est bon de le garder à l’esprit.

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Arves-en-Ciel : Toujours plus fou

Arves-en-Ciel : Toujours plus fou

Il fallait être assez fou pour y penser, encore plus pour le faire : tendre une highline de 480 m entre deux sommets des aiguilles d’Arves, dans le massif de la Maurienne, à 3 500 m d’altitude. Derrière la prouesse, il y a surtout une incroyable aventure humaine, que nous racontent, à deux voix, Antoine Cretinon, l’un des deux slackliners qui portaient le projet, et Antoine Mesnage, le réalisateur, lui aussi slackliner.  

 

Le projet est présenté comme difficile techniquement : qu’est-ce qui aurait pu tout faire rater ?

Antoine Cretinon : La réalisation a été complexe parce qu’elle nécessitait un parfait alignement de planètes. D’abord, obtenir les autorisations nécessaires à la mise en place d’une telle installation. Ensuite, avoir un créneau de trois jours de beau temps, sans vent. Le genre de fenêtre météo qui est rare à 3 500 m d’altitude ! Il fallait donc se tenir prêt à sauter sur l’occasion dès qu’elle se présenterait. Enfin, réunir une équipe solide et complémentaire, acclimatée et prête à faire de multiples allers-retours de portage avec aucune certitude sur le résultat final ! Clairement, le projet n’aurait pas réussi si on n’avait pas eu les bonnes personnes au bon moment, lors du bon créneau météo.

 

Arves-en-Ciel

📷 crédit photo : ©Antoine Mesnage

Une grande partie du film est réalisée avec des images de drone époustouflantes : est-ce que le drone donne ses lettres de noblesse au film de highline ? 

Antoine Mesnage : Le drone permet d’avoir une image stabilisée et qui tourne autour de la ligne à 360 degrés, et c’est vrai que pour filmer un personnage sur une highline, c’est-à-dire en lévitation au milieu de nulle part, il n’y a pas de meilleur rendu, comme dans le plan séquence où je tourne autour de Camille en plein ciel. Mais le drone ne restitue pas les émotions, celles qu’on ne peut saisir qu’avec un boîtier, en plan rapproché. Donc c’est un bon complément, mais ça ne peut pas être la seule source d’images.

Est-ce que l’utilisation du drone à plus de 3000 m faisait partie des difficultés ?

Antoine Mesnage : Ce qui est compliqué pour faire voler un drone, c’est le vent. Mais comme ça pose aussi un problème pour la highline, si les conditions sont bonnes pour la traversée, elles le sont aussi pour le drone. La difficulté vient plutôt de la longueur de la ligne, parce que le drone se trouve parfois très loin, et il faut bien anticiper le retour qui peut prendre trois ou quatre minutes. Lors du passage de ligne entre les deux aiguilles effectué par le deuxième drone, j’étais tellement concentré pour filmer cet instant décisif que je n’ai pas vu que mon drone n’avait plus que 4% de batterie ! La récupération a été un grand moment de stress où je redoutais à chaque seconde de le voir se crasher dans le vide…


Arves-en-Ciel

📷 crédit photo : ©Antoine Mesnage

Que faut-il pour faire un film de highline marquant, à part un décor exceptionnel ?

Antoine Mesnage : Dans le film, je ne voulais pas qu’il y ait plus de cinq minutes de highline, parce que même si les images sont belles, ce n’est pas très dynamique, voire un peu ennuyeux si ça dure trop. Je voulais surtout axer le film sur le défi logistique, la réflexion, le rêve qui animait ce projet, le déroulement, les difficultés liées à l’ampleur du projet. Ce qui fait le film, ce sont surtout les émotions qui se dégagent, l’équipe formidable qui s’est réunie autour de cette idée, et toute l’aventure humaine que cela représentait.

Qu’est-ce que ça apporte à un réalisateur de film de highline d’être pratiquant lui-même ?

Antoine Mesnage : Le fait de pratiquer me donne la vision de ce qui va être difficile, me permet de savoir à quel moment il va y avoir plus ou moins d’émotion, et de mieux anticiper pour capturer ce que je veux dans les images.

Combien de temps ça prend pour traverser 480 m de highline à plus de 3 000 m d’altitude ?

Antoine Cretinon : Ça dépend de la vitesse de marche. Théo Sanson, le premier à l’avoir traversée sans tomber, a mis 50 minutes environ ! Personnellement, j’ai mis 25 minutes, parce que je sais que je n’ai pas l’endurance pour tenir plus de 30 minutes sur une ligne.

On est six à avoir traversé : Théo Sanson, Julien Roux, Florent Berthet, Camille Le Guellaut, Antoine Mesnage et moi. Mais j’aimerais saluer aussi les nombreuses personnes qui se sont fait plaisir dessus : Célia, Julien, Maho, Damian, Philippe, et tous ceux qui nous ont aidés au portage : Nico, Greg, Lucie, Marie, Lucas, Michel, Guilhem… Et aussi saluer la performance de Damian, qui a traversé les 480 m de slack en poulie, avec un gros sac, pour laisser Camille et Flo revenir en slackant de l’aiguille Méridionale jusqu’à la Centrale où se trouvaient les autres. Cette highline, ce n’est pas un exploit individuel de quelques personnes, mais avant tout un magnifique travail d’équipe.

 

Arves-en-Ciel

📷 crédit photo : ©Antoine Mesnage

Est-ce que tu as le sentiment que la highline n’aura plus jamais la même saveur après une réalisation aussi exceptionnelle ?

Antoine Cretinon : Je me suis posé la question, en effet. Mais finalement, ça a plus eu un effet de booster. On a montré que c’était possible de mettre une si longue highline en haute montagne, alors au contraire, on s’enlève des barrières mentales et on s’autorise à rêver plus haut, plus long !

Qu’est-ce qui pourrait être encore plus fou maintenant ?

Antoine Cretinon : Le fait d’avoir tendu une highline entre deux sommets aux aiguilles d’Arves ouvre le champ des possibilités ! Je pense notamment au massif du Mont-Blanc, où des « petites lignes » ont été ouvertes mais jamais de gros projets qui relient deux sommets distincts. Evidemment, j’ai plein d’idées en tête, et je ne dois pas être le seul ! Alors mon défi aujourd’hui, c’est de réunir ces rêveurs un peu « fous » pour créer quelque chose de beau, de grand, de surréaliste…

Quel est le Top 3 des highlines les plus improbables qui ont un jour été tendues et traversées ?

Antoine Cretinon : C’est très subjectif. Pour certains, le critère sera la longueur, sachant que le record est maintenant à 2 000 m ! Pour d’autres, ça sera la performance ou le spectacle. De mon côté, j’ai toujours été inspiré par la beauté éphémère et poétique de la highline. Si je dois en citer trois, je dirais d’abord la highline du Grépon, dans le massif du Mont-Blanc. Elle ne fait que 15 m, mais elle est comme la dernière pièce du puzzle qui complète l’authentique traversée Charmoz-Grépon. Elle a été ouverte par les Flying Frenchies, les pionniers de la highline en haute montagne, pour qui j’ai une profonde admiration. Une highline de 430 m a été installée et traversée par Pablo Signoret et Lukas Irmler avec des ancrages sur deux cascades de glace. Ça pousse le côté éphémère de la highline à l’extrême, j’adore ! Enfin j’ai également été beaucoup touché par le premier kilomètre traversé par Nathan Paulin et Danny Mensik à Aiglun. En plus de réaliser un record du monde, ils ont conservé l’idée de réaliser une ligne esthétique.

Liens utiles

🎥 Pour en savoir plus sur le réalisateur Antoine Mesnage :

https://www.instagram.com/antoine.mesnage

🤸 Son portrait vidéo :

https://youtu.be/vBg5MK4qH8E

🎬 Retrouvez le film Arves-en-Ciel dans le programme du Festival de Banff France

 https://www.banff.fr/films/

Arves-en-Ciel

📷 crédit photo : ©Antoine Mesnage