The Bikes Of Wrath      (Les Vélos de la Colère)

The Bikes Of Wrath (Les Vélos de la Colère)

Les vélos de la colère, un voyage initiatique à travers les États-Unis

 

2600 km, 32 jours, une bande de potes à deux-roues et 420 dollars en poche !

Passionnés par le roman de John Steinbeck, cinq Australiens se lancent en 2015 sur les traces des « Raisins de la colère » (The Grapes of Wrath). Ils décident de retracer l’histoire des migrants du Dust Bowl lors de la crise des années 30. Aujourd’hui, que reste-t-il des inégalités, injustices et blessures du passé ? L’exode a-t-elle marqué le cœur des États-Unis d’une empreinte indélébile ? 

La curiosité des jeunes baroudeurs nourrit profondément leur soif d’exploration. En quête d’aventure, ils partent à la rencontre de populations résilientes. D’Est en Ouest, les mains sur le guidon, ils traversent le pays d’Oklahoma jusqu’à Bakersfield en Californie.

 

Une traversée à deux-roues entre amis

 

Les vélos de la colère quittent leur Australie natale, cap sur l’Amérique du Nord.
Âgés de 24 à 35 ans, Charlie, Oliver, Cameron, Redouane et Leon ne sont pas cyclistes professionnels, loin de là ! L’un d’eux n’a jamais fait plus de 20 bornes ! Qu’à cela ne tienne, c’est à vélo qu’ils tenteront de parcourir des milliers de kilomètres.

Au défi s’ajoute un paramètre : voyager à cinq pendant un mois avec un budget de quelques centaines de dollars  (équivalents aux 115 dollars des héros du livre de Steinbeck).

Le groupe d’aventuriers campe à la belle étoile, joue de la musique, partage des moments inoubliables, des rires et des peines. Parviendront-ils à destination ? Rencontreront-ils des obstacles en cours de route ?

Mis à rude épreuve par la fatigue et la chaleur écrasante de l’été, ils réalisent le tournage au fil du bitume et des échanges ruraux. La force de leur amitié transperce l’écran, elle est communicative et puissante.

Du cyclotourisme au documentaire humaniste

 

À mesure des rencontres qui paveront leur chemin, Charlie, Oliver, Cameron, Redouane et Leon font des découvertes. Au-delà du cyclotourisme, les Australiens portent un regard humaniste sur un peuple résilient. Difficile d’oublier Joe, croisé près d’une glissière d’autoroute, il est en souffrance, reclus et égaré. Les gars se demandent s’il serait une bonne idée d’appeler les urgences, les frais médicaux sont exorbitants aux États-Unis. Confrontés à la réalité, ils avancent ensemble vers l’inconnu, ces hommes et femmes, ces villes et vastes espaces.

L’un des passages des Raisins de la colère résonne : « Il disait qu’une fois, il était allé dans le désert pour tâcher de trouver son âme, et qu’il avait découvert qu’il n’avait pas d’âme à lui tout seul. Tout ce qu’il avait, c’était un petit bout d’une grande âme. Il disait que le désert, ça ne rimait à rien, s’il ne faisait pas partie du reste, s’il ne formait pas un tout ! »

« Les vélos de la colère » (The Bikes of Wrath) est un film bouleversant de vérité et d’humanité. Il fait en partie écho à la crise sanitaire et sociale que nous traversons en ce moment.

Un documentaire en version originale sous-titrée à streamer, pour continuer à explorer le monde depuis le confort de son canapé !

Sea Gypsies : de l’autre côté du monde

Sea Gypsies : de l’autre côté du monde

Le voilier Infinity porte bien son nom, comme une infinité de possibilités, d’obstacles, de moments de joie et de fraternité. Son capitaine et son équipage de joyeux pirates nous donnent envie de tout quitter pour les rejoindre, et c’est exactement ce qu’a fait Nico Edwards. Il en a même fait un film.

Nico Edwards travaillait pour une startup dans la Silicone Valley, et passait trois heures dans les transports chaque jour. Pour lui, c’était d’un ennui mortel et il contemplait l’idée de se jeter sur les rails de son train plutôt que de continuer. Il a choisi d’abandonner cette vie et de partir à l’aventure.

« J’ai trouvé Infinity dans une petite annonce en 2012. Le capitaine cherchait des membres d’équipage. Lors de mon premier voyage, j’ai passé cinq mois à bord. Nous avons navigué de Singapour jusqu’en Thaïlande en passant par la Malaisie. Le temps m’a semblé ralentir, chaque jour était une nouvelle aventure et cinq mois de cette vie tellement riche en expériences m’ont semblé durer toute une vie. J’ai ressenti le besoin de revenir et tourner un film sur Infinity et son équipage. »

Infinity appartient au capitaine Clemens, qui vit à son bord depuis de nombreuses années et y a même fondé une famille. Ensemble, ils sillonnent les mers tropicales, voguant tranquillement d’île en île. Ils partagent leur vie et leur bateau avec un équipage toujours changeant.

Le nouveau projet un peu fou du capitaine Clemens est de traverser le Pacifique Sud vers la Patagonie en passant par l’Antarctique. Pour cette mission, Clemens a trouvé plus prudent de laisser sa femme et ses filles en Nouvelle-Zélande. C’est là que Nico a retrouvé l’équipage, caméra en main.

«À bord, nous avions une routine, il fallait toujours deux à trois personnes debout pour mener le bateau. Il fallait également cuisiner, nettoyer, étudier les cartes, organiser la maintenance, réparer ce qui était cassé et cuire le pain ! On avait assez peu de temps libre. »

Le danger de l’expédition était bien réel. Les deux risques majeurs étaient que le bateau se retrouve parallèle à une vague, risquant ainsi de se faire retourner, et la collision avec un iceberg qui aurait fait couler le bateau. Dans la mer de Ross, il n’y a aucun service de secours, on est loin de tout, même les signaux de détresse n’arrivent pas toujours à être interceptés. Au total, pour cette expédition, Nico aura passé 77 jours sur le bateau à tourner des images, puis douze mois à monter le film sur un ordinateur basique avec un logiciel gratuit. Nico n’avait fait aucune formation d’audiovisuel avant de partir et a tout appris en explorant le web.

« Une fois débarqué du bateau je me suis installé dans un petit hôtel pas cher à Bangkok et j’ai fait du montage sept jours par semaine.Comme le film n’avait pas de budget, j’ai préféré m’installer en Thaïlande pour le finir, car la vie y est moins cher qu’en Amérique. »

Nico avait plus de 300 heures d’images. La première version du film faisait treize heures !  Nico finit par faire un montage de 79 minutes puis se replongea dans les images au moment du Festival de Banff pour créer la version de 46 minutes de la tournée. La première de Sea Gypsies eut lieu durant le Festival du Film de Telluride, aux Etats Unis. Il a depuis été sélectionné par de nombreux festivals et figure au programme de plusieurs tournées internationales.

Suite aux records de température des récents étés et la fonte des glaces, Infinity s’élancera à la conquête du passage du Nord-Ouest, pour rejoindre le lieu habité le plus au nord de la planète et explorer le pourtour du Groenland. La route fera plus de 6430 km à travers 36 000 îles, un véritable labyrinthe glacé, dont seulement 10 % a été cartographié. Conrad Anker, alpiniste de renom et héros du film « Meru » rejoindra l’équipe sur une partie de l’expédition.

Ben Tibbetts, photographies au sommet

Ben Tibbetts, photographies au sommet

Il a commencé l’alpinisme à 18 ans, étudié les beaux-arts et leur histoire à Édimbourg, puis à l’école d’art et de design de Genève – dans un souci de proximité avec les montagnes –, travaillé à l’université en tant que moniteur d’escalade et de vélo de montagne.

Basé à Chamonix, il est, à 36 ans, guide de haute montagne certifié UIAGM et s’est spécialisé dans la photographie outdoor. Également réalisateur, son film « A Line in the Snow – Greece » a été projeté lors du Festival à Banff en 2017. Ses photos, vous les avez déjà vues… sur les affiches et visuels du festival de Banff et des tournées françaises 2019 et 2020 ! Ben a publié cette année « Alpenglow », un beau livre de photographies, récits et dessins sur « les plus belles voies sur les 4000 des Alpes ».

Ben partage avec nous ses conseils aux alpinistes amateurs de photo.

– Pour vraiment prendre de belles photos, vous devez apprendre à vous lever très tôt – et beaucoup plus tôt que n’importe qui d’autre qui a décidé de partir sur le même itinéraire. Tout le monde va se lever vers 3 heures ou 4 heures du matin, moi, je vais être debout entre 1 heure et 2 heures (parfois même encore plus tôt). Cela signifie que vous pouvez être vers le sommet aux alentours du lever de soleil. Commencer de si bon matin est une contrainte, mais la récompense vient après! Ce sont ces sensations intenses que l’on éprouve au moment de ces premières lueurs du jour nouveau, accompagné de cette doucebrise au-dessus de l’arête, puis le lever majestueux de l’astre solaire !

– Concernant le bivouac, j’évite parfois de passer la nuit dehors, en commençant à des heures inimaginables ou en poursuivant la course durant la nuit. Cela m’a demandé de nombreuses années pour vraiment apprécier l’expérience du bivouac en montagne, dans un lieu où je suis potentiellement exposé. Si je parviens à dormir, je ne me mets pas la pression, sauf si la course est difficile. Une bonne nuit de sommeil permet d’apprécier la journée et la course suivantes; une nuit de bivouac misérable augure, quant à elle, des lendemains beaucoup moins radieux.

Image Ben Tibbetts

– Côté matériel photo, je suis très rigoureux, et donc adepte des appareils assez volumineux. J’aime beaucoup prendre des clichés avec une lumière rasante à l’aube, et seul un appareil photo muni de capteurs grand format le permet avec une qualité suffisante. Je trouve aussi difficile de manipuler de petits appareils avec les gants dans le froid, j’emporte donc un appareil photo réflex numérique. Le seul moyen d’économiser un peu de poids, c’est de prendre moins d’objectifs, mais en général, j’en ai deux, au cas où…- Même dans des conditions extrêmes, les appareils photo sont logés dans des étuis rembourrés que j’installe autour de ma taille pour un accès rapide. Ce n’est pas toujours très confortable, mais je suis toujours prêt.

– Pour la photographie de montagne, je m’équipe d’un zoom grand-angle (16-35/18-35 mm) et d’un téléobjectif(70-200 mm f4). Le téléobjectif est dédié avant tout aux prises de vues de paysages, mais si la voie est extrême et que le poids est un facteur déterminant, je le laisse en bas… mais ça reste rare.

Source : Montagnes Magazine – Mathias Virilli -www.montagnes-magazine.com

This Mountain Life

This Mountain Life

Avec This Mountain Life le réalisateur canadien Grant Baldwin a remporté le Prix du Meilleur Film de Sports d’Hiver au dernierfestival de Banff. La version intégrale du filmtransporte le public au cœur de la Colombie-Britannique, à la découverte de personnagesvivant une relation passionnelle avec lamontagne. La tournée du Festival de Banff présente une version spéciale de 39 minutes dédiée au périple de 2300 KM de Martina et Tania Halik.

Martina Halik, photographe et prévisionniste avalanche, est à l’origine de cette aventure. Tout a commencé après qu’elle ait lu un article sur une expédition similaire. «Je trouvais que ça avait l’air cool. C’était la chose la plus dure et la plus folle que quelqu’un pouvait avoir envie de faire», raconte Martina, qui explique qu’elle traversait sans doute une petite crise existentielle : «Ma vie devenait monotone, trop facile. Ça semblait donc la chose la plus difficile, le défi que je recherchais. J’ai demandé à ma mère de m’accompagner. Elle a dit oui sans hésiter !». La dite maman, Tania Halik, est moniteur de ski, auxiliaire médicale et elle entraîne également des chiens d’avalanche.

Pendant la traversée, le réalisateur Grant Baldwin et son coéquipier les ont suivies sur trois segments stratégiques. Le réalisateur explique qu’il a senti Martina en grande difficulté morale et physique lors de leur première venue. « La seconde fois, elle était sortie de “la noirceur”» dit-il. Martina explique qu’elle a en effet mis du temps à réaliser que même si elle voulait arrêter, elle ne pourrait pas abandonner. « Il y a eu très peu de moments où elles auraient pu demander qu’un hélicoptère vienne les récupérer», continue Grant Baldwin. « Pour y parvenir, le pilote aurait dû prévoir à l’avance un dépôt de carburant pour être en mesure de les rejoindre.»

Sa mère adopta dès le début une tout autre philosophie comme l’explique le réalisateur :«Pour Tania, ce n’était pas une question de vie ou de mort, c’était sa décision d’être là. C’est en ville qu’elle n’est pas à l’aise. La montagne, c’est sa place »

Certaines journées ou semaines furent plus difficiles que d’autres : « C’est la météo qui, comme un dieu, décidait de nos journées. Allions-nous avancer, être détrempées, avoir froid ou même juste être en mesure de nous parler ?». La quantité d’efforts demandés dépendait également du temps entre les ravitaillements. « Quand on doit prévoir trois semaines entre deux largages, cela donne une charge considérable à tirer avec nos traîneaux…».

Le terrain a aussi été une difficulté… et contrairement à ce qu’on imagine – des cols infranchissables, de dangereux glaciers – c’est la végétation qui a ralenti les deux aventurières ! « Il n’y a pas de sentier et il faut se frayer un passage à travers la broussaille et les arbres. Nos traîneaux se coinçaient sans cesse. C’était vraiment difficile et terriblement lent », se rappelle Martina. Il leur a fallu parfois 10h d’efforts pour parcourir seulement… 3 km.

Mais elles ont aussi vécu des moments exceptionnels, de pur bonheur. « Sortir la nuit et voir des aurores boréales, découvrir une grotte de glace ou encore une source d’eau chaude et s’y baigner toutes nues faisait partie des plaisirs qui illuminaient nos journées», se remémore Martina.

Et passer 6 mois, 24h/24 toutes les deux, dans un quotidien éprouvant, les a délibérément rapprochées. « Particulièrement quand c’est la seule personne à qui tu as à parler !», s’exclame Martina. « J’en ai donc appris plus sur son passé, d’où elle venait et les épreuves qu’elle a traversées. On peut désormais lire dans nos pensées respectives », dit-elle en riant.

Comment retrouver une vie « normale » après un tel périple ? En planifiant d’autres aventures ! Martina et Tania ont déjà prévu de poursuivre leur route en Alaska pour un voyage de 3 mois au printemps : « Il devrait faire moins froid, ce sera plus lumineux et il n’y aura pas de broussailles !», explique Martina.

 

Site officiel :https://mountainlifefilm.com/

Source : Christian Geiser, La Presse, Québec, Canada

Home : Le tour du monde de Sarah Outen

Home : Le tour du monde de Sarah Outen

En 2011, l’aventurière britannique Sarah Outen s’élance pour un tour du monde qui ne s’achèvera pas avant 2015. Partie de Londres, elle traverse océans et continents à la seule force des bras et des jambes, en vélo, en kayak et en bateau à rames, totalisant plus de 32 000km.Un long périple en solitaire semé de difficultés et d’épreuves, dont une violente tempête en plein océan Pacifique qui poussera Sarah au-delà de ses limites physiques et psychologiques.

Sarah Outen

Sarah a démarré sa carrière d’aventurière quand elle avait tout juste 20 ans, à la suite du décès soudain de son père. Elle s’engagea alors dans le projet de traverser l’océan Indien à la rame et en solitaire, à sa mémoire, tout en levant des fonds pour des organismes caritatifs. En 2009, à 24ans, après 124 jours à ramer seule de l’Australie à l’île Maurice, Sarah devenait la première femme et la plus jeune personne à avoir traversé l’océan Indien à la rame en solitaire. Cet exploit lui valut les honneurs de son pays à travers un MBE (Member of the Order of the British Empire).

Tout en ramant au beau milieu de l’océan germa un nouveau rêve : celui de découvrir des paysages, de rencontrer des gens, et de parcourir les autres océans… Le projet « De Londres à Londres à travers le monde » était né, avec l’objectif d’une nouvelle levée de fonds pour plusieurs associations, de donner envie à chacun de vivre ses aventures, et au final, de revenir à la maison saine et sauve… 

Image Home Sarah outen

En novembre 2015, à l’âge de30 ans, Sarah achevait ainsi sa plus grande expédition, et la dernière en date : une itinérance autour de l’hémisphère nord à travers l’Europe et l’Asie, l’océan Pacifique, l’Amérique du Nord et l’Atlantique, en pédalant, en ramant et en pagayant pendant 32 000 km. Une odyssée de quatre années et demi pour parcourir cultures, climats et paysages, face à elle-même et à ses démons intérieurs, aux éléments naturels impitoyables et au temps qui passe. D’innombrables imprévus, parfois de taille, ont donné à ce périple toute sa richesse, et le voyage géographique s’est doublé d’un voyage intérieur, remuant zones d’ombre et blessures passées, duquel Sarah est revenue grandie.

Désormais mariée à sa compagne Lucy, Sarah travaille sur d’autres projets de voyages dans un genre différent. L’aventurière est très investie dans le monde associatif, et parraine plusieurs associations. Sarah est également auteur de deux livres (« A Dip in the Ocean »et « Dare to Do »), et conférencière. Son credo : encourager les gens à sortir davantage et inciter les jeunes à oser se lancer à l’aventure.

Jen Randal

Jen réalise des documentaires qui parlent de terroirs et d’identité, et a vu son travail plusieurs fois récompensé. Elle a travaillé pour, entre autres, la BBC, Channel 4 et SenderFilms, et ses films ont été primés dans des festivals internationaux de films de montagne tels que ceux de Banff,Vancouver, 5Point et Kendal.

Sarah – Combien d’heures de prises de vues avais-tu ? Est-ce que la contrainte permanente de faire des images a été un problème ?

Je ne saurais même pas vous dire combien il y avait d’heures de rushes. Jen s’est retrouvée avec une sacrée mission ! Parfois ça a été dur, oui. À certains moments, je me forçais vraiment à filmer parce que je n’en avais aucune envie, ou parce que c’était frustrant d’avoir en permanence la présence de la caméra, à d’autres moments c’était des remarques extérieures qui me perturbaient. En mer, c’était parfois trop dangereux, ou parfois j’avais trop peur pour arriver à filmer. Parfois c’était un ennui technique qui empêchait de tourner, comme la casse ou la perte d’une pièce du matériel, ou le délai de chargement des batteries, ou la nécessité de les garder au chaud quand il faisait trop froid… Mais malgré tout j’étais convaincue que quelque part dans toutes ces images il y aurait un film à partager, et la plupart du temps, la caméra constituait une présence amie très importante.

Jen –Tu peux nous parler du dérushage ? Ça a dû représenter un travail monstre !

Quand je me suis attelée à ce projet, je n’avais pas vraiment mesuré la montagne à laquelle je m’attaquais. J’avais planifié un mois pour passer les images en revue, mais au final il m’en a fallu quatre ! Au bout d’un moment on a recruté un assistant monteur pour m’aider et surtout pour que je puisse commencer le montage, parce que sinon j’y serais encore ! Donc oui c’était un énorme travail de parcourir les rushes, et de rassembler les pièces du puzzle, mais ce qui m’a beaucoup plu dans ce projet c’était l’authenticité et le naturel des images, qui faisaient qu’ici ou là je tombais sur une séquence magique qui me redonnait de l’élan pour le film. J’ai été impressionnée par l’assiduité avec laquelle Sarah a filmé tout au long de son voyage, car cela demande beaucoup d’énergie et de concentration.

Sarah – Si les spectateurs devaient retenir de ton film un message principal, lequel serait-ce ?

Je veux qu’ils se disent qu’on a le droit d’être mal de temps en temps, et que ce n’est pas un problème, et qu’il y a moyen d’aller mieux. Qu’être fragile et oser demander de l’aide, c’est bien. Plus on fait preuve d’ouverture d’esprit en matière de bien-être mental, et c’est valable aussi dans le monde de l’aventure où on peut être tenté d’en faire trop face à la pression ou aux stéréotypes, et plus on évitera les maux et les suicides en aidant les gens à se sentir mieux. Je veux que les gens osent faire face à leurs peurs, en se disant que cela va leur apporter quelque chose, qu’il s’agisse de se lancer dans un défi ou un nouveau projet, ou de persévérer dans une entreprise difficile, ou même d’être assez courageux pour renoncer et arrêter. Faites preuve de courage, de gentillesse, de curiosité.